Past & Upcoming

Explore past and upcoming events dedicated to Consumption Corridors, from expert talks to workshops and conferences.

EVENTS 2026

29th june 2026

Konsum-Korridore: Eine Zukunft, in der Grenzen und Lebensqualität im Einklang stehen

Moderiert von Michael Pollok, Universität Münster; Sylvia Lorek, SERI; und Antonietta Di Giulio, Universität Basel


24th june 2026

Imagine a future that aligns limits with wellbeing: Introducing Consumption Corridors

Moderated by Marlyne Sahakian, Université de Genève; Michael Pollok,  RIFS, and Sylvia Lorek, SERI


22nd june 2026

Imaginez un avenir où les limites vont de pair avec le bien-être : découvrez les « corridors de consommation »

Modéré par Marlyne Sahakian et Valentine Dupraz, Université de Genève


5th may 2026

Imaginons ensembles des futures alliant sobriété et bien être à Genève, dans le cadre du Festival EXPLORE

Organisé par l’Université de Genève Institut de recherches sociologiques, avec la Direction de la durabilité et du climat du Canton de Genève et les SIG

Barbara Nicoloso, Virage Energie
Discours dans le cadre du Festival EXPLORE, 5 mai 2026

Imaginer ensemble des futurs alliant sobriété et bien-être à GenèveBravo pour cette tempête de cerveaux, comme disent nos amis québécois, avec des niveaux de discussion très différents, et mine de rien, vous avez parlé pendant une heure et demie de sobriété, sans forcément utiliser le mot. L'idée ce n'est pas de vous assommer avec un discours plombant en fin de journée, mais plutôt de vous proposer une petite mise en perspective, et puis un petit retour sur les échanges.

On a commencé par discuter des besoins et du bien-être, et finalement, cette question des besoins, de la qualité de vie, et du bien-être, elle est vraiment au cœur de ce qu'on appelle aujourd'hui les réflexions autour de la sobriété. Même si dans la bulle de certains dirigeants économiques ou dirigeants politiques, la sobriété égale l'austérité, égale la pauvreté. Nous, on est convaincus, notamment au sein de l'association Virage Énergie, mais aussi, avec un certain nombre d'autres, d'autres ONG en France, en Suisse, et de chercheurs, qu'en fait, la sobriété, c'est vraiment un moyen de faire sortir des personnes de la précarité, parce que c'est se poser la question, de la limite entre le trop et le pas assez. C'est vraiment être dans ce juste équilibre, dans cette juste quantité de consommation de ressources pour satisfaire nos besoins fondamentaux. Et cette question-là, elle est essentielle, et malheureusement, on se la pose trop peu, en tant que société, en tant qu'entreprise, en tant que territoire, de quels sont nos besoins collectifs et comment on fait pour, pour y répondre, sachant que ces besoins fondamentaux, aujourd'hui, ils sont, mis en parallèle de besoins qu'on pourrait qualifier d'artificiels. Vous n'êtes pas sans savoir qu'on vit quand même dans des sociétés de surconsommation. Moi, j'aime bien appeler ces sociétés-là des sociétés de l'ébriété énergétique, pour faire un miroir à la notion de sobriété. On est totalement dépendants aux ressources énergétiques fossiles, on est totalement dépendants d'un certain nombre de minerais qui sont indispensables aujourd'hui au fonctionnement de nos systèmes économiques, mais aussi de nos systèmes sociaux. Vous n'êtes pas sans savoir qu'un certain nombre de technologies ont pris beaucoup de place dans nos vies, et malheureusement, cette ébriété, elle contribue à nous amener vers ce dépassement de l'ensemble des limites planétaires, et donc c'est en ça que la sobriété peut être vraiment intéressante, en amenant cette notion de rééquilibrage, et de se dire que ça peut permettre aux gens les plus pauvres de sortir de cette pauvreté, que ce soit à l'échelle de la Suisse, de la France, mais aussi à l'échelle mondiale. On a aussi ce travail avec le Sud Global à faire depuis l'Europe.

Ensuite, se dire qu'aujourd'hui, dans nos sociétés débriétées, on associe la question du bien- être, la question du bonheur à la question de la consommation. Et de vous partager un sondage qui a été fait par l'ADEME l'année dernière en France, donc qui est l'Agence de la Transition Écologique, qui a demandé aux Français ce qu'ils pensaient de la sobriété, et finalement qu'est-ce qui, pour eux, avait de la valeur. Ce qui est revenu, c'est surtout des choses immatérielles : c'est l'amour, c'est le partage, c'est faire commun, c'est la solidarité, c'est échanger. Et ce n'est pas du tout avoir une voiture, ce n'est pas du tout avoir une piscine, ce n'est pas du tout avoir 200’000€ sur son compte en banque au moment de son décès. C'est vraiment des choses qui sont aujourd'hui des valeurs immatérielles. Alors certes, il faut la satisfaction de ses besoins fondamentaux pour avoir une vie décente, et j'aimerais bien ramener cette notion de décence aussi : c'est quoi une vie qui est décente ? Et pas du tout des conditions matérielles qui peuvent relever de la surconsommation.

Et en plus de ça, ce serait intéressant de se demander aussi quel est l'impact matériel de nos vies, nous en tant qu'occidentaux, en tant qu'Européens. Tout ce qu'il y a derrière en termes de prédation environnementale, prédation sociale, de se rendre compte de ce qu'on appelle les hectares fantômes, donc toutes ces terres agricoles, toutes ces mines qui sont exploitées dans d'autres pays que les nôtres et qui sont directement liées à nos modes de vie. Ça, ça pourrait être aussi intéressant de se poser ces questions-là, avec un débat qui commence à arriver en Europe : si on veut continuer à utiliser autant le numérique, est-ce que ça veut dire qu'il faut ouvrir des mines de lithium ? Est-ce que ça veut dire qu'il faut aussi peut-être retourner dans des systèmes de prédation néocoloniaux, d'extractivisme ? Toutes ces questions-là, en fait, il faut qu'on se les pose en tant que société. Et malheureusement, aujourd'hui, pour ce qui est du numérique, on est dans des logiques qui sont très peu démocratiques, où des décisions sont en train de se prendre sans nous. Et je pense que la question de la sobriété, même si aujourd'hui elle est beaucoup sur les questions d'énergie et de foncier, elle va arriver très vite aussi sur ces questions de minerais.

Deuxième sujet qu'on a abordé ensemble, c'est celui des limites. Donc, est-ce que poser des limites, ce ne serait pas finalement la condition de la satisfaction des besoins de toutes et tous ? Je peux vous donner deux exemples historiques qui sont assez intéressants dans des contextes de rareté des ressources, ou même on pourrait dire de pénurie. Le premier exemple, c'est celui de la Seconde Guerre mondiale, où en Angleterre, les personnes les plus pauvres ont mangé à leur faim, dans un contexte de rationnement. Parce que le rationnement, c'était quoi à ce moment-là ? C'était bien sûr répartir les ressources alimentaires de manière équitable, mais c'était permettre à chacun d'avoir assez, et ce assez, beaucoup d'Anglais, et surtout d'enfants anglais, n'y avaient pas accès avant la guerre. Et donc, tout ça pour vous dire que quand on a une organisation et une gestion de la ressource pour répondre aux besoins fondamentaux de toutes et tous, on peut réussir en fait à améliorer la qualité de vie. Alors je ne vous dis pas ça pour qu'on tombe dans un régime de rationnement, mais en tout cas, s'il y a de la justice sociale derrière le rationnement, ça peut bien fonctionner. Et on a aujourd'hui des perceptions du rationnement et des imaginaires liés à la Seconde Guerre mondiale en Angleterre qui sont beaucoup plus positifs que ceux qu'on a pu avoir par exemple en France, où c'était beaucoup plus flou de pourquoi on mettait en place le rationnement, et on avait aussi un contrôle du marché noir beaucoup moins fort. Un deuxième exemple, pas très loin de nous, les chocs pétroliers des années 70, où là aussi, notamment les Pays-Bas et l'Angleterre ont été particulièrement impactés, et où en quelques semaines il a fallu prendre des mesures drastiques de répartition des ressources, et notamment des ressources pétrolières. Et donc ce qui a été décidé aux Pays-Bas, ça a été par exemple les dimanches sans voiture, donc interdiction d'utiliser sa voiture le dimanche, sauf service de secours bien sûr, et c'est ça qui a redonné un élan à l'utilisation du vélo. Au début des années 70 aux Pays-Bas, on utilise autant la voiture qu'en France, qu'en Suisse. Donc quand on nous dit que « oui mais les Hollandais ne sont pas comme nous, c'est culturel », bah non, pas du tout. En fait, c'est quand on a des politiques publiques qui accompagnent, ça peut fonctionner. Et donc le dimanche sans voiture, bah c'est que personne n'a sa voiture. Donc le plus riche, le plus pauvre, personne ne l'utilise, donc il y a une mesure de justice sociale. Et un autre exemple qui est assez intéressant, donc même période en Angleterre, c'est la semaine des trois jours. C'est-à-dire que tout le monde a le droit de travailler, toutes les entreprises ont le droit d'être ouvertes, mais pas plus de trois jours par semaine, et c'est à tour de rôle. Ça, ça a bien fonctionné. Et le dernier exemple que je trouve le plus significatif, c'est l'autorisation des restaurants de continuer de fonctionner, mais sans chauffage. C'est- à-dire que ceux qui ont les moyens d'aller au restaurant peuvent continuer d'y aller, mais il n'y a pas de chauffage. Et donc ce qui a fait aussi la bonne acceptabilité de ces mesures, c'est ce principe de justice sociale. C'est-à-dire qu'on ne continue pas à donner beaucoup aux plus riches et pas du tout aux plus pauvres, non. On met tout le monde sur un même pied d'égalité, et c'est également le fait de savoir clairement pourquoi on fait ces efforts. Dans le cadre de l'Angleterre de la Seconde Guerre mondiale, c'est pour battre Hitler. Dans le cadre des chocs pétroliers des années 70, c'est pour éviter une guerre civile en répartissant de manière la plus équitable possible les ressources.

Et donc ça m'amène à la question de qui décide : assez c'est combien ? Et ça, c'est le gros sujet dans nos démocraties, qui peut se permettre de dire que 19 degrés de chauffage dans les bâtiments, ça suffit l'hiver ? C'est une vraie question. Et en France, le sujet se pose, puisque je m'intéresse moi depuis quelques années justement à l'impact de la transition énergétique sur les inégalités de genre. Et vous le savez peut-être ou peut-être pas, il y a une perception de la température et du confort thermique qui est différente entre les hommes et les femmes, et la température de confort pour les femmes est plutôt autour de 21 degrés et pas 19 degrés. Et il se trouve que ce 19 degrés a été élaboré, ou décidé, par des hommes. En l'occurrence quelques hommes dans un bureau à Paris, dans l'agence qui était l'ancêtre de l'ADEME, avec aussi cet argument de dire : « 19 degrés, c'est psychologique, c'est moins que 20, du coup ça passe bien. » Bon, il y avait quand même quelques calculs aussi qui montraient que ça permettait des économies d'énergie. Mais toujours est-il que c'est intéressant aussi d'interroger qui sont les personnes qui font ces normes, et comment ces normes qui se veulent universelles peuvent être aussi génératrices d'inégalités. Donc là aussi je n'ai pas la réponse, mais juste dire que voilà, dans nos politiques de sobriété, d'économie d'énergie, se poser la question des biais qui peuvent apparaître, notamment de la part des personnes qui élaborent ces normes. Je vous donne deux autres exemples : à Lyon, donc au cours de l'hiver 2022-2023, vous savez qu'on a connu une crise énergétique très importante, et donc la ville de Lyon a vu sa facture électrique et gazière doubler. Donc on est passé de 25 millions d'euros à 50 millions d'euros, donc c'est quand même assez considérable. Et parmi les mesures qui ont été mises en place, il y en a deux qui ont été assez importantes : il y a eu la baisse du chauffage et la coupure de l'eau chaude dans les bâtiments publics, et ça concernait aussi les écoles. Et autant vous dire que ne plus avoir d'eau chaude dans les écoles, ça a suscité un certain nombre de problèmes, notamment d'hygiène, puisque les enfants ne se lavaient plus les mains. Et on était juste après le Covid, donc il y a eu un retour en arrière, et ça, forcément des personnes adultes dans leur bureau à la mairie n'avaient pas anticipé que les enfants ne se laveraient plus les mains. Et un autre exemple, c'est celui de l'éclairage public, donc extinction nocturne, sauf qu'il y a une perception de la nuit qui est différente entre les hommes et les femmes, et que ça a pu susciter des problèmes de mobilité pour certaines femmes. Et donc là aussi, il y a eu un retour en arrière, qui a été assez intéressant puisque ce qu'a décidé la mairie, c'est de faire des balades nocturnes avec des groupes de femmes, pour identifier des endroits qui nécessitaient peut-être de rester allumés. Et donc la solution, ça a été vraiment de s'adapter au cas par cas, de ne pas être dans « on éteint totalement » ou « on rallume totalement », mais vraiment de s'adapter aux usagers. Donc ça aussi, c'est peut-être une leçon à voir, ces politiques de sobriété, c'est que sur le papier, certes ça peut bien fonctionner, mais dans la réalité, il y a peut-être des évolutions à faire, et ces politiques, elles doivent se faire avec les usagers, avec les personnes qui en bénéficient.

Pour terminer, quelques pistes de solutions. Beaucoup de personnes ont discuté autour des tables, c'est se poser les questions de : est-ce que la politique ou le projet qu'on va porter répond à un vrai besoin ? Est-ce que le besoin est clair ? Et est-ce qu'on mobilise la bonne quantité de ressources ? Que ce soit des ressources matérielles, financières, des ressources humaines, des ressources en temps pour répondre aux besoins qu'on a identifiés. Si on n'arrive pas à répondre à ces deux questions, c'est que déjà il y a un problème. Et si on veut quand même continuer ce projet ou ce programme, il faut qu'on justifie pourquoi on le réalise. Et ça, juste se poser ces trois questions-là, ça permet de venir justifier le fait de faire ou de ne pas faire certaines actions. Malheureusement, on a souvent peu le temps de le faire, de se dire ça, mais si on se l'applique, ça peut permettre vraiment d'aller sur des réductions de consommation de ressources, et aussi de travailler sur la qualité de vie. Je vais vous donner un exemple très simple : la métropole de Rennes, en Bretagne, s'est rendue compte il y a une quinzaine d'années que le réseau de métro saturait entre 8h et 10h du matin. C'était un réseau qui desservait des zones d'activités, qui desservaient une université, et donc s'est posée la question de construire une deuxième ligne. Et finalement, la solution qui a été retenue, ça a été de demander au recteur de l'université de Rennes de décaler les horaires de démarrage des étudiants pour lisser le pic de fréquentation. Et ça a décalé d'une vingtaine d'années dans le temps le besoin de construction d'une seconde ligne. Et c'est juste un exemple qui montre comment, par l'organisation, par le fait de se poser les bonnes questions, on peut arriver à mettre en place de la sobriété, et ça a permis à la fois d'éviter un investissement, une infrastructure, mais aussi d'améliorer la qualité de vie des habitants, notamment dans ce métro. Et tout ce processus-là, c'est matérialisé par une structure qui s'appelle le bureau des temps. Je ne sais pas si vous connaissez le bureau des temps, c'est comment, par le temps, par les politiques temporelles, donc en s'intéressant à la façon dont les gens vivent, que ce soit dans le fait de prendre des transports en commun, d'avoir accès à certains services publics, pourquoi pas organiser des marchés de producteurs plutôt le soir que le matin pour que les actifs puissent y avoir accès, travailler aussi sur le fait que les temps scolaires conditionnent aussi les temps de travail des mamans et des papas qui doivent aller chercher les enfants, eh bien tout ça, ça permet aussi de travailler sur la qualité de vie tout en faisant de la sobriété. Donc c'est un premier exemple, et ces différentes questions, ça peut faire l'objet de ce qu'on peut appeler un petit sas décisionnel, qu'on peut proposer à des élus ou à des dirigeants de se dire : « Posez-vous ces questions-là, et si vous n'arrivez pas à les répondre, c'est que le projet n'est pas bon. »

Deuxième petit sujet, c'est celui des indicateurs. Comment on mesure les co-bénéfices de la sobriété ? Alors certes, on peut faire des économies d'énergie, des économies de litres d'eau, mais comment on vient mesurer l'amélioration de la qualité de vie ? Et là, c'est un gros sujet. Comment on vient mesurer aussi des choses qui ne se voient pas ? Ce n'est pas évident de mesurer une amélioration de la santé, ou une amélioration peut-être aussi de la mobilité de certaines personnes qui sont en situation de handicap. Donc tout ça, ça nécessite des indicateurs, et ça nécessite aussi de venir qualifier ce que ça apporte, et de montrer tout ce qu'il y a à gagner. À engager de la sobriété pour venir convaincre notamment les personnes qui ne sont pas convaincues. Et nous, en France, on a un outil qui fonctionne plutôt pas mal, c'est le budget climatique. Donc c'est comment, en prenant le budget d'une entreprise ou le budget d'une collectivité locale, on essaye d'évaluer l'impact que ça peut avoir sur le climat. Donc tant de millions d'euros dépensés pour tel projet d'infrastructure routière, par exemple, bah là on n'est pas très bon. Ça contribue au réchauffement climatique. Là où ces mêmes millions d'euros utilisés pour la renaturation, ça contribue à la lutte contre le changement climatique. L'enjeu financier, c'est le nerf de la guerre, je ne vous apprends rien, et ça peut être intéressant aussi de le prendre par cet angle-là, notamment dans des contextes de raréfaction des ressources, et ça parle souvent aux personnes qui ne sont pas forcément convaincues de ce qu'il y a à gagner derrière la sobriété et derrière l'amélioration de la qualité de vie. En fait, il y a de l'argent à gagner, parce que c'est moins de pression sur les systèmes de santé, et c'est aussi derrière, ça peut être vraiment de la prospérité en plus.

Et puis pour terminer, la question de la démocratie, de la délibération : qui prend les décisions ? Ça, c'est un vrai sujet. Quelle différence il y a entre l'acceptabilité sociale des citoyens et l'acceptabilité qui est projetée par nos décideurs politiques ? En France, nous, on a eu l'exemple de la Convention citoyenne pour le climat : 150 Français tirés au sort, représentatifs de la société, qui discutent pendant six mois de mesures pour limiter le réchauffement climatique à plus deux degrés en France, et on arrive à un rapport qui est un rapport de sobriété. Où on interrogeait le temps de travail, où on interrogeait le rapport à la voiture, le rapport au logement, où on a été sur des sujets qui sont ultra-radicaux d'un point de vue politique. Et donc ça montre que quand on explique les choses, les gens sont prêts à accepter certaines mesures, par contre il faut qu'il y ait de la justice sociale. Et ça, c'est ce qu'on retrouve dans ce rapport, c'est ultra-important qu'il y ait vraiment des choses qui permettent à la fois aux personnes les plus précaires de sortir de la précarité, mais aussi aux personnes les plus riches de faire un effort dans leur mode de vie, puisque ce sont eux qui sont les plus émetteurs aussi de gaz à effet de serre. Donc derrière ça, qu'est-ce qu'il faut une fois que les citoyens sont prêts ? C'est aussi du courage politique. Malheureusement, en France, on n'a pas eu ce courage, puisque les conclusions de la consultation étaient censées faire l'objet d'un projet de loi et tout devait être repris. Tout n'a pas été repris, malheureusement. Et puis aujourd'hui, on est en train de détricoter pas mal de choses, mais en tout cas, il faut peut-être se poser la question de à quel point nos élus doivent rendre des comptes sur comment leur mandat contribue à améliorer la qualité de vie, parce que finalement, on leur confie par nos mandats une gestion du bien commun, et ce n'est pas toujours ça qui est rendu à la fin d'un mandat. Je vous renvoie aux travaux qui ont pu être faits il y a quelques années par Dominique Bourg ou Bruno Latour sur quelles conditions il faudrait mettre en œuvre aussi pour que finalement des élus qui, peut-être comme des chefs d'entreprise, ne sont pas satisfaisants, n'aillent pas jusqu'au bout de leur mandat, qu'on puisse avoir aussi un, entre guillemets, un retour sur investissement.

Et puis pour terminer, j'aimerais parler d'un mot qui a été prononcé sur la table qui est tout au fond tout à l'heure, qui est le mot de « magie ». Et j'ai trouvé ça vraiment super : la magie, le rêve, voilà, qui aujourd'hui est très très peu présent dans le monde dans lequel on est. Alors je mets de côté la magie et le rêve d'aller sur Mars ou sur la Lune avec Elon Musk et Jeff Bezos, si ça vous fait rêver tant mieux pour vous. Mais sinon, c'est clair qu'on vit des temps qui sont assez sombres, et que malheureusement aujourd'hui, on bute un peu sur le fait d'arriver à faire rêver et à mettre un peu de magie dans le monde dans lequel on est. Je reprendrai la citation qui est au fond là-bas : « L'art et la culture peuvent être vecteurs de transition. » Nous, en tant que praticiens, au quotidien, avec des collectivités locales, il y a un moment donné où c'est plus simple de donner les clés du vélo aux artistes. Et donc là aussi, ça peut être une piste à explorer : comment ces professionnels du récit, de l'imaginaire, peuvent nous aider aussi à donner envie d'aller vers ce monde de la sobriété. Si vous pouvez vous saisir de ce levier-là, je vous encourage à le faire, parce que c'est comme ça aussi qu'on arrivera à convaincre de la pertinence du sujet de la sobriété.

Je vous remercie.

En cours

En cours


PAST EVENTS (2013-2022)

2022

Conference on "Consumption Corridors: Living Well Within Limits" at the conference on Limits to Growth at the Federal Environment Ministry, Doris Fuchs


2021

University of Geneva on "Consumption, sufficiency and future imaginaries"


2020

International, virtual workshop on Consumption Corridors: Living Well within Limits, WWU Münster


2019

International workshop on “Exploring concepts and implications”, organized by Marlyne Sahakian, Manisha Amarantham, Antonietta Di Giulio, Doris Fuchs, Sylvia Lorek and Julia Steinberger, funding provided by the Swiss Nationalfond, University of Geneva

https://scorai.net/wp-content/uploads/wordpress/Sustainable-Consumption-Transition-Series-Issue-7.pdf


2018

Panel series on “Living well in a world of limits: advances in the study of sufficiency, needs and wellbeing” organized by Antonietta Di Giulio, Doris Fuchs, Sylvia Lorek and Marlyne Sahakian at the conference of the Sustainable Consumption Research and Action Initiative, Copenhagen


2016 & 2017

Consumption Corridors, International workshops, WWU Münster


2015

Nachhaltiger Konsum und Gerechtigkeit, Internationaler Workshop, WWU Münster


2014

Sustainable Consumption and Power, International workshop, WWU Münster


2013

Structural Prerequisites for Sustainable Societies and the Good Life, International conference, WWU Münster, organized in collaboration with SCORAI Europe, Proceedings

https://repositorium.uni-muenster.de/document/miami/ aa2a8e28-d81d-4a20-bbb5-a49168e561e7/sgdp_2013_01.pdf

Visited 185 times, 1 visit(s) today
Close